Valérie Pirson

Nacida en Bélgica y graduada en la Escuela Nacional Superior de Artes. Se ha desempeñado como Directora, Guionista, Directora de fotografía e imagen, Ingeniera de sonido y Montadora. Su trabajo se caracteriza por el uso de recursos visuales muy "artesanales" que le imprimen a su lenguaje mucha plasticidad y calidez. (via)



"Pistache" (2004)

One of the rising stars of the new generation of stop motion animation directors is Valerie Pirson, born in 1981. She was "discovered" by Michel Gondry - one of the innovators of the visual language of music videos of the late 1990s and early 2000s. Gondry is probably most famous for his highly imaginative promos for Björk, in which he often combined live action and stop motion animation. When Gondry saw Valerie's graduation animation film Pistache, he liked it so much, he asked her to work on the The Science of Sleep - his second feature. The film is laden with original animation sequences that are a joy to watch. Valerie created the animations for “Stephane TV”, the imaginary TV show of the protagonist. “Michel Gondry gave me carte blanche. He just outlined the story,” notes Valerie, who was still in school, about to complete her degree course in Visual and Graphic Arts at the National School of Decorative Arts in Paris, Ensad, when she embarked on Gondry's project.

Sounds like a best-case scenario for any young animator. Gondry also introduced Valerie to Partizan, the French agency that produces music videos and commercials. (via)




MON COEUR (2003)


Pretty Cool People Interviews:




ENTREVISTA a Valérie Pirson
por Alexis Hunot


Alexis Hunot : Quel parcours as-tu effectué avant d’entrer à l’ENSAD ?

Valérie Pirson : Après un bac scientifique j’ai fait une année de prépa pendant laquelle j’ai pu créer ce qui était ma vraie passion. C’était génial, j’avais envie d’apprendre.

D’ailleurs on sent l’influence de la science dans ton film, notamment dans le tableau de chimie…

En effet je me suis amusée avec ça, il faut dire que mes parents sont docteurs en chimie, c’est donc un petit clin d’œil familial !

Et… pourquoi l’ENSAD ?

En fait j’ai fait beaucoup de concours pour rentrer dans les grandes écoles, et c’est plutôt eux qui m’ont choisie finalement !



Quelles sont les particularités de l’enseignement à l’ENSAD ?

L’avantage à l’ENSAD, c’est qu’on y fait des tas de choses. Les deux premières années on touche à tout : photo, vidéo, maquettes, scénographie… En plus ma deuxième année - qui s’appelait « traverse » - était un peu spéciale. Toute l’équipe de profs voulait que l’espace et l’image continuent à communiquer. Cette année a été passionnantes dans le sens où on passait d’un enseignement à l’autre, ce qui était très enrichissant. Ensuite il a fallu se spécialiser. Et là de nombreuses sections se sont présentées à moi. J’étais dans l’incapacité de choisir, j’ai donc choisi la section qui me permettait de continuer de faire le plus de choses possible en même temps, et c’est l’animation qui est ressortie. Ce qui m’intéressait c’était que l’animation était un art très complet : il faut écrire une histoire, il y a aussi un côté plastique, une infinité de techniques (volume, dessins…). Je n’avais jamais fait d’animation avant, mais en parlant avec des élèves je me suis rendue compte que ça pouvait me correspondre. J’ai commencé avec l’angoisse de me planter, mais je me suis rapidement amusée et j’ai fini par y trouver mon compte.

…donc ce n’est pas le fait de voir de l’animation qui t’a donné envie d’en faire…

En effet j’ai vu très peu de films d’animation avant, ce n’est pas ça qui m’a donné l’envie. J’étais plutôt impressionnée par le champ créatif qu’amenait ce cinéma.


Pour Pistache, la technique est venue avant l’histoire… ?

Eh bien non, puisqu’au début j’ai commencé à écrire des tas de petites saynètes métaphysiques, et l’esthétique que j’avais en tête ne devait pas du tout ressembler à ça : il devait être en volume avec uniquement des objets, pas de personnages.

…on aurait pu pourtant imaginer que ce qui t’avait plu était avant tout le mélange des techniques et des matières…

Justement pendant l’année « traverse » et aux Arts-Déco en général, ils nous font beaucoup réfléchir en fonction de notre projet, et après on a chacun notre façon de travailler. Quand je commence un projet comme Pistache je passe énormément de temps à réfléchir. Il y a une période généralement assez dure, et pour ce film particulièrement puisque c’était le projet final où je me retrouvais seule face à mon travail. On avait une année entière pour le réaliser. Le thème que j’ai choisi, « le sujet des sentiments », je l’avais déjà travaillé et je m’en sentais assez proche. L’idée même de travailler sur l’humain, de capturer des émotions avec des images me plait énormément. Pouvoir mettre des images sur l’impalpable, sur des choses enfouies en nous… Le sujet m’est réellement venu avant la technique. Et une fois que j’avais bien cerné mon sujet, la technique m’est venue assez naturellement.

D’ailleurs l’une des grandes réussites de ton film c’est sa portée émotionnelle…

Je suis ravie que le film touche les gens. C’est un sujet difficile. Ce que je voulais mettre en avant, c’était que tout personne quelle qu’elle soit n’est pas constante dans le temps. Elle se trouve dans des états variables, ce qui induit de multiples questionnements. Plus que des sentiments, c’était des états psychologiques que je voulais mettre en scène. Il me fallait les cerner de manières différentes, mais je ne voulais pas que ça tombe dans la facilité par le biais des expressions faciales. J’ai cherché à les exprimer par trois biais : d’abord celui du quotidien qui est la partie visible de l’iceberg, c’est-à-dire tout ce qu’on fait, sa façon d’être dans la vie de tous les jours, ce qui est contrôlé mais qui trahit quand même des émotions interieures. Après il y a l’aspect métaphorique, c’est ce que j’ai comme image dans la tête quand je ressens quelque chose. Et puis le troisième univers c’est celui avec le personnage de De Vinci, qui lui, représente le rapport qu’on a face à nos propres émotions et cette volonté d’agir et de les contrôler, de poser des théories pour nous rassurer, c’est également ces boîtes dans lesquelles on essaye de mettre ce qu’on ressent.



Le film se découpe donc en trois modèles esthétiques, comment les as-tu articulés ?

Le premier modèle que j’ai trouvé est celui du quotidien, c’est ce qui se passe dans la maison. J’aime capter tous ces petits gestes de tous les jours. J’avais envie qu’en voyant les situations du personnage le spectateurs se dise « Ah ouais ça ça m’arrive tout le temps ! ». Et comme j’aime beaucoup observer les gens, je m’attache à ces petits détails. Pour toutes ces scènes là j’avais envie d’un côté très confiné, j’étais partie dans l’idée du flou, un peu comme un souvenir, j’avais une image en tête de cet intérieur. J’ai fait quelques essais et je suis très vite arrivée au retro-éclairage. Les décors sont entièrement éclairés par dessous, c’est pour cette raison que j’ai choisi des matières transparentes. Pendant un an, dès que je tombais sur une matière qui m’intéressait je l’exposais à la lumière pour voir le résultat. Au final, ce sont des vieux papiers, des photos, des tas de choses que j’ai utilisées pour le décor, et pour mon personnage j’ai essayé différentes matières. Au début je ne voulais pas de papier découpé parce que j’avais peur que l’animation fasse trop « pantin », mais finalement le style s’est tout de même imposé !! Le personnage est donc en papier découpé. Il est retro-éclairé en contre-jour noir, le visage est une petite aquarelle et les cheveux sont en scotch, avec une petite lumière qui vient pointer dessus !

Ensuite, pour la partie cartésienne, je voulais quelque chose qui tranche. Comme j’avais beaucoup d’univers, entre le quotidien, le cartésien et les métaphores, il ne fallait pas qu’on les confonde. C’est pour cette raison que j’ai choisi le personnage de De Vinci qui est la représentation universelle de l’homme.
Etant donné que j’aime beaucoup les petits objets, les matières vivantes, les choses « crades », pour le personnage de De Vinci j’ai essayé de contrôler un peu et de faire le plus froid possible – enfin au début puisqu’au fur et à mesure il se salit…- Pour ce personnage je me suis inspirée des schémas scientifiques, de l’équilibre physique et des formules chimiques qui à certains moments pourraient bien nous arranger afin que les sentiments soient applicables comme des formules.



La troisième partie représente les métaphores. Je m’étais amusée à faire un répertoire de tous les sentiments, et trouver un objet qui corresponde à chacun d’eux, qui puisse les représenter. J’avais juste à me concentrer sur ces émotions et une image me venait. Par exemple à certains moments dans mon film, ce que le personnage ressent à l’intérieur agit dans l’univers du quotidien. Ainsi, les pinces croco représentent les invités, et c’est précisément ce qu’elle ressent en son fort intérieur à ce moment là.

...ce qui permet à l'image de coller avec justesse au propos…

En fait quand j’ai écrit mon film, j’ai essayé d’être au plus près de mon sujet, et j’ai repensé à beaucoup de conversations que j’ai eues avec des gens. Je crois qu’on a tous des bribes de conversations, des moments de communication qui restent gravés très longtemps, des phrases qu’on retient, qui nous marquent, et qui participent à notre évolution. Pour me permettre de mieux avancer dans ce film je me suis amusée à aller retrouver ces personnes, à re-provoquer ces discussions et à les approfondir. Finalement j’ai demandé à beaucoup de gens, des amis, de la famille, de différents âges, comment ils ressentaient ce rapport avec leurs propres émotions. Car c’est une chose dont on parle rarement.

Après ce beau coup d’essai, peux-tu nous dire ce que tu envisages pour l’avenir ?

Je ne suis pas prête à travailler dans l’animation pour travailler dans l’animation absolument. J’aime faire des tas de choses, et si je devais continuer, ça serait des petits films d’auteur comme on dit, ou alors avec peu de collaborateurs, de toute façon il faudrait que cela reste intime. Je pense que je resterai fidèle à la technique du banc-titre, car ça ressemble à un théâtre à petite échelle dans lequel tu racontes une histoire. C’est ce qui m’intéresse avant tout.